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  • Laurence Bourgeois

Percer le mystère du "plafond de verre"

Appelé tour à tour "the glass ceiling "(anglais), "le plancher collant "(Quebec), "l'échelon gluant", ''le plafond de verre'' représente selon l’Organisation Internationale du Travail (OIT) « les barrières invisibles créées par des préjugés comportementaux et organisationnels qui empêchent les femmes d’accéder aux plus hautes responsabilités ». En 1992, le U.S. Merit Systems Protection Board a déclaré que «les femmes font face à des obstacles concrets, mais néanmoins très subtils, qui ne se dressent pas devant les hommes. Ainsi, les femmes peuvent voir le sommet de l'échelle, mais se heurtent à une barricade invisible lorsqu'elles tentent d'y accéder».  Quelques chiffres Dans les 5000 premières entreprises françaises, les femmes ne représentent que 7% des cadres dirigeants.  La fonction publique, pourtant réglementée, n'améliore guère cette moyenne. Dans son rapport ministériel de 1999, Anne-Marie Colmou ne compte que 13 femmes directeurs sur 168 postes, une seule femme Préfet de région et une seule à la tête d'un CHU-CHR. Faut-il voir là un complot machiste ? questionne la Coach Brigitte Roujol. Selon elle, c'est à la fois plus simple et plus subtil : "C'est la logique d'un système immuable où la reproduction d'un modèle de fonctionnement masculin dissuade les candidatures féminines" explique Anne-Marie Colmou. Une étude canadienne indique que 62% des hommes occupant des postes de cadres supérieurs dans la fonction publique ne croient pas en la théorie du plafond de verre... vraisemblablement faute d'y être eux-mêmes confrontés. Quelques conclusions de recherches théoriques L’obstacle du «plafond de verre» est essentiellement attribuable à des facteurs culturels et psychologiques qui entravent les progrès des femmes en milieu de travail.  Dix ans après la publication d'un premier ouvrage intitulé "Men and Women in the Corporation" (1977), Rosabeth Moss Kanter a constaté en 1987 que même si les femmes avaient réalisé des progrès dans le milieu de travail, elles n'avaient toujours pas réussi à aller au-delà du «plafond de verre» qui les empêchait d'accéder aux postes les plus élevés. Kanter a également découvert que les femmes semblaient se retirer de la course à la direction presque aussi rapidement qu'elles y entraient. Les femmes étaient toujours exclues de certains cercles internes et le fait qu'elles étaient coincées (c'est-à-dire bloquées dans des postes leur offrant moins de possibilité) freinait leurs aspirations et leur engagement allait en diminuant.

(Source : article de Brigitte Roujol, LinkUp University, novembre 2020).